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Les psychobiotiques, l’élite des probiotiques qui réduisent le stress

Les psychobiotiques, l’élite des probiotiques qui réduisent le stress

Si vous vous sentez déprimé et plus irritable que d’habitude depuis un certain temps, vous pensez peut-être que le problème vient de votre tête. Mais la science pointe depuis des années un autre protagoniste inattendu : l’intestin. Au sein de cet axe intestin-cerveau, nous trouvons des psychobiotiques, des micro-organismes, qui peuvent vous aider à réguler le stress, l’humeur et la réponse émotionnelle de l’intérieur. Les psychobiotiques sont un type spécifique de probiotiques qui ont démontré, dans des études scientifiques, la capacité d’influencer positivement la santé mentale et émotionnelle”, explique le Dr Ana I. Ortiz, directrice de l’Aire de Santé Farmasierra et docteur en biochimie et biologie moléculaire.

Des probiotiques avec un plus

Alors que les probiotiques classiques sont principalement associés à la digestion ou à l’immunité, les psychobiotiques pourraient devenir un levier anti-stress, aider à lutter contre l’anxiété, améliorer l’humeur ou encore certaines fonctions cognitives. “Tous les probiotiques ne sont pas des psychobiotiques, mais tous les psychobiotiques agissent sur le microbiote intestinal avec un impact qui va au-delà de l’intestin”, précise Ortiz.

Ils y parviennent parce que certaines souches sont capables de stimuler la production de neurotransmetteurs, comme la sérotonine, le GABA ou la dopamine. D’autres réduisent l’inflammation systémique, un facteur de plus en plus lié à la dépression. Ou bien ils régulent la réponse au stress via l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien. Un fait révélateur est qu’environ 90 % de la sérotonine du corps est produite dans l’intestin.

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Ce qui se passe dans l’intestin atteint le cerveau

La relation entre l’intestin et le cerveau n’est pas symbolique mais physiologique. “L’axe intestin-cerveau est un système de communication bidirectionnel et constant”, explique le Dr Ortiz. Le nerf vague agit comme une véritable autoroute par laquelle l’intestin informe le cerveau de son état : inflammation, équilibre microbien, perméabilité intestinale. Si cet écosystème est modifié, le message reçu par le cerveau sera également modifié.

C’est pourquoi le stress psychologique peut déséquilibrer le microbiote. Et à l’inverse, un intestin enflammé peut amplifier l’anxiété. Un cercle vicieux qui permet de comprendre pourquoi prendre soin de sa santé intestinale peut avoir de réels effets sur le bien-être émotionnel.

Des souches avec des preuves scientifiques

Le médecin souligne que n’importe quelle bactérie ou yaourt ne fera pas l’affaire. La science est claire : les effets dépendent de la souche. L’un des plus étudiés est Lactobacillus rhamnosus, qui, dans des modèles animaux, a montré des effets anxiolytiques et une réduction des hormones de stress. un autre est Bifidobactérie longum, connu pour sa capacité à atténuer les réponses au stress aigu.

Une mention spéciale mérite Bifidobactérie longum 1714, l’une des premières souches étudiées cliniquement pour le bien-être mental. “Les preuves scientifiques existent, mais elles sont modérées et doivent être interprétées avec prudence”, déclare Ortiz. Les essais cliniques chez des humains en bonne santé ont observé une réduction du cortisol et une amélioration de la perception du stress. Et, dans certaines études, cela suggère une meilleure qualité de sommeil, notamment en période de forte demande. « Ce que l’on constate le plus régulièrement, c’est une modulation du stress et de certains marqueurs physiologiques. Les effets sur l’anxiété ou la dépression clinique sont plus variables et modestes », résume l’expert.

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La liste de courses avec les psychobiotiques

En pratique, il existe deux manières de les trouver : les aliments fermentés et les compléments. Les premiers – yaourt, kéfir, choucroute, kimchi, miso – constituent une excellente base pour prendre soin du microbiote intestinal, mais ils ont des limites. «On ne sait pas toujours quelles souches ils contiennent ni en quelle quantité. Et la plupart n’ont pas été spécifiquement étudiés pour leurs effets sur la santé mentale », explique Ortiz.

Les suppléments psychobiotiques, en revanche, permettent quelque chose de clé en science, une plus grande précision. Afin de pouvoir utiliser ainsi des souches spécifiques, des doses exactes et des périodes définies. “Les psychobiotiques bénéficiant du plus grand soutien scientifique se trouvent aujourd’hui sous forme de suppléments”, explique le médecin. Cela ne veut pas dire qu’une voie exclut l’autre. L’idéal est de les associer à une alimentation riche en fibres.

Ce ne sont pas non plus des bactéries miracles.

Quant à savoir s’ils fonctionnent réellement contre l’anxiété ou la dépression, cela vaut la peine d’ajuster les attentes. “Il faut noter qu’ils ne constituent pas un antidépresseur naturel, ni une thérapie unique”, prévient le Dr Ortiz. Les preuves sont les plus solides pour les psychobiotiques dans le stress, modérées dans la dépression légère et les plus inégales dans l’anxiété. Aujourd’hui, ils sont considérés comme un outil complémentaire et non comme un substitut à la psychothérapie ou aux médicaments lorsqu’ils sont indiqués.

Il est raisonnable de les considérer comme un soutien au sein d’une approche plus large incluant le sommeil, l’exercice, la nutrition et la gestion du stress. Ce qu’il ne faut pas promettre, ce sont des remèdes miracles ou des effets universels.

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Aide dans les situations stressantes

Les psychobiotiques seraient indiqués pour les personnes souffrant de stress soutenu, de problèmes digestifs fonctionnels et de légers symptômes émotionnels. Ou pour ceux qui recherchent une approche préventive. En revanche, dans les troubles modérés ou sévères, l’immunosuppression ou les pathologies digestives actives, son utilisation doit être évaluée avec un professionnel.

En général, ils sont sans danger, bien que de légers gaz ou ballonnements puissent initialement apparaître comme effets secondaires. Ils ne génèrent généralement pas de dysbiose, risque pour lequel il ne faut pas abuser des probiotiques. Mais “ils ne sont pas inoffensifs par définition”, rappelle le Dr Ortiz, surtout s’ils sont associés à des antibiotiques ou à des traitements complexes. C’est pourquoi il est recommandé de consulter des professionnels avant de les prendre.

Conçu sur mesure pour l’avenir

La recherche évolue vers une médecine personnalisée. Identifier qui répondra le mieux selon son microbiote, son profil inflammatoire ou son moment vital. De nouvelles souches de psychobiotiques, probiotiques et postbiotiques, ainsi que des utilisations préventives à des étapes clés, comme l’adolescence ou le vieillissement, sont également explorées.

“La véritable avancée ne sera pas de trouver le meilleur probiotique, mais d’apprendre à personnaliser les soins”, conclut le Dr Ortiz. Car il apparaît de plus en plus clairement que la santé mentale ne se construit pas uniquement dans le cerveau. Le système digestif a aussi beaucoup à dire.