The Scentuary, la parfumerie avec un four pour tester les parfums

La parfumerie Scentuary vient d’ouvrir ses portes à Madrid et possède une curiosité : un four pour tester les parfums qui imite ce qu’ils donneraient sur la peau.
Madrid vient d’ouvrir une nouvelle parfumerie de niche. La Scentuary pourrait n’être qu’une boutique comme les autres, mais celle-ci a un détail différenciateur. Pour tester chaque parfum, celui-ci est passé dans un petit autoclave. Un four pour tester les parfums qui révèle les notes olfactives les plus cachées de chaque création.
Pourquoi les parfums changent d’odeur
Vous arrivez dans votre magasin préféré. Vous essayez un parfum. Vous l’aimez. Vous l’achetez, vous l’enfilez et au bout d’un moment, ça sent différent. Peut-être que tu n’aimes même pas ça. Et non, il n’est ni mauvais ni de mauvaise qualité. «C’est le processus habituel d’évolution d’un parfum sur une peau chaude. Le moyen le plus rapide d’imiter ce processus est d’utiliser un four pour tester les parfums”, explique Alex Puyaltó, spécialiste des parfums chez Perfumerías Júlia.
Ce petit four est situé dans une arrière-salle des locaux, à l’abri des regards des curieux. Un espace d’intimité où le client s’assoit avec son conseiller en parfum pour essayer les fragrances qu’il aura préalablement sélectionnées dans la partie avant du magasin. L’objectif n’est autre que de faire en sorte qu’en sortant du magasin, vous emportiez avec vous un parfum que vous ne regretterez pas.
Choisissez sans hâte
Marta Gabriel, directrice marketing de The Scentuary, explique ainsi le parcours olfactif que suit le client jusqu’à trouver son parfum idéal. «Nous voulions créer un espace qui transcende le commercial. Ici, chaque parfum raconte une histoire et chaque visite est un voyage sensoriel unique”, explique-t-il. Dans leur catalogue exclusif, ils ont des parfums des Comptes de Parfum, Nishane, Chopard et Bond N.9. Des collections exquises (et chères) qu’il faut choisir sereinement.
Lorsqu’un client entre dans cette boutique, un conseiller l’accompagne et le guide dans ce parcours d’essai de différents parfums jusqu’à ce qu’il trouve celui qu’il désire. La première étape amène à choisir entre les différentes familles olfactives (agrume, fruité, oriental, boisé, chypré…) en fonction de la personnalité ou des goûts de chaque client.
Ensuite, vous accédez à l’espace réservé, une sorte de petit salon avec des canapés. Là, le conseiller imprègne différentes planches de céramique pour tester chaque parfum à chaud et à froid. “La chose habituelle est que cela nous prend entre 90 minutes et deux heures avec chaque client”, soulignent-ils.
Une symphonie en trois temps
Un parfum n’est rien d’autre qu’un cocktail d’huiles essentielles de différents poids moléculaires incorporées dans une solution alcoolique. Comprendre un parfum est une question de chimie élémentaire : les ingrédients ayant le poids moléculaire le plus élevé iront au fond de cette solution. C’est pourquoi on les appelle « backnotes ». Les plus légers resteront en surface. Les notes de poids moyen sont les notes de cœur. La somme des trois nous donne la fameuse pyramide olfactive dont parlent toujours les parfumeurs. Quelque chose comme une symphonie à trois temps.
Pour parvenir à un équilibre, la règle du 30-50-20 est généralement appliquée : 30 % de notes de tête, 50 % de notes de cœur et 20 % de notes de fond. Ni trop volatile, ni trop dense.
Les premières à émerger sont les notes de tête, ces accords très volatils que l’on perçoit dès que l’on vaporise notre parfum. Ce sont plutôt des notes d’agrumes et de fleurs, très fraîches et pleines d’énergie. Au bout de quelques minutes on remarque les notes de cœur, avec quelques touches d’épices et de nouvelles notes florales. Une heure plus tard, ce que l’on perçoit est bien différent. Les muscs, le bois de santal et même les notes de café, de tabac et du fameux oud y restent. Ce sont les notes de cœur. A ce moment, le parfum que nous percevons est très différent de celui que nous avons senti lors de la première pulvérisation. Si cela ne nous plaît pas, il est trop tard. Et ce qui est pire : c’est l’arôme qui persiste sur nos vêtements même plusieurs jours après s’être parfumé.
Le détail de la céramique
“Normalement, les parfums sont testés à froid sur une mouillette”, explique Puyaltó. C’est ce papier buvard en forme de bande ou de carte qui retient les notes de chaque parfum. On a beau le secouer au début, on ne perçoit que les notes de tête, les plus volatiles. «Pour percevoir le fond, il faut que l’alcool s’évapore davantage. Nous avons besoin que ces accords plus lourds se réchauffent pour qu’ils passent dans l’air et que nous les percevions”, poursuit Puyaltó.
Pour accélérer le processus, chez The Scentuary, les parfums sont testés sur une planche en céramique. Dans un premier temps, le client le sent dès qu’il vaporise le parfum choisi. Il est ensuite placé au four pendant quelques secondes pour tester les parfums et est à nouveau livré au client. La sensation olfactive à chaud change : elle est plus intense, moins pétillante, plus sensuelle. Ce sont les notes de fond. Chez The Scentuary, ils reconnaissent l’innovation du « four à parfum » et son rôle important dans la satisfaction du client. “Nous voulons que vous repartiez chez vous avec un parfum qui vous va comme un gant”, conclut-il.

