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Changements d'humeur pendant la ménopause, pourquoi ne pas arrêter d'en avoir ?

Changements d'humeur pendant la ménopause, pourquoi ne pas arrêter d'en avoir ?

Irritabilité, envie de crier, manque d'énergie… Les troubles émotionnels sont très fréquents à ce stade. Les comprendre et mener une vie saine est essentiel pour limiter leurs effets.

Il est curieux que l’une des raisons qui ont motivé la célèbre neuroscientifique Lisa Mosconi à étudier le cerveau féminin était de faire comprendre aux femmes ménopausées qu’elles n’étaient pas folles. Sentiments de cris, colère soudaine, anxiété… Tous les changements d'humeur pendant la ménopause sont tout à fait normaux (et non une hallucination, comme beaucoup le pensent). En effet, plusieurs études, dont une publiée en 2020 par la North American Menopause Society, indiquent que l'irritabilité et la Les troubles émotionnels touchent jusqu'à 70% des femmes à cette étape de sa vie.

Lourdes Ramón, psychologue et conseillère à la clinique Palasiet, commence par rappeler que « chaque changement hormonal qui se manifeste dans le corps, dans la partie physique, sera le pont vers le développement émotionnel et spirituel ». Dans celle-ci relation directe entre hormones et émotions plusieurs facteurs interviennent. Le premier concerne les symptômes que les femmes – plus précisément six sur dix – ressentent depuis des années. «Beaucoup de gens ne se rendent pas compte de l'ampleur et de la nature des changements qui, bien entendu, influencer l'état mental et bien-être émotionnel pendant cette transition”, explique le Dr Zuramis Estrada, gynécologue et collaborateur de Glow by Hormone University.

Changements d'humeur dus à la connexion hormonale

Le prochain aspect important concerne les hormones elles-mêmes. Comme l'explique Lourdes Ramón, “ceux-ci ont une influence directe sur la production de certains neurotransmetteurs, comme la dopamine et la sérotonine”. Par conséquent, lorsqu’il y a une diminution des niveaux hormonaux, la synthèse de ces molécules aux propriétés stimulantes pour notre humeur diminue également. « Ce qui se traduit par un baisser notre humeur, à sentir qu'on a moins d'énergie ou à être de mauvaise humeur”, ajoute l'expert Palasiet. En réalité, comme le souligne le Dr Estrada, “il n'est pas très clair si tout cela est dû à la diminution des niveaux d'œstrogènes ou si ce sont les fluctuations qui causent le problème”.

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Le rôle de d'autres hormones telles que la progestérone. “Cela a un effet calmant sur l'humeur et vous aide également à dormir et à vous détendre”, explique le gynécologue. Qu'est-ce qui se passe? Encore une fois, la même chose : baisser ses niveaux pendant la périménopause et la ménopause peut provoquer de l'irritabilité et des sautes d'humeur.

La testostérone ne reste pas à l'écart. Également produit dans les ovaires, “il aurait des effets importants sur la résistance mentale, la qualité du sommeil ou la concentration”, souligne Estrada. Lorsque leur production diminue, ces compétences sont altérées, ce qui peut entraîner des épisodes de stress ou d’anxiété.

Le rôle de l’insécurité

Au-delà de l’aspect physiologique, il existe d’autres facteurs qui font que les femmes se sentent étranges pendant la ménopause. Ou qu’il vous est plus difficile de vous connecter à des sentiments tels que le plaisir, la joie ou la jouissance. La perte de confiance et les changements dans la perception physique de soi sont assez fréquents entre 45 et 55 ans. “Grise de poids, perte de cheveux, peau plus sèche… Les changements physiques à ce stade peuvent affecter de manière significative la façon dont une femme se voit et comment elle se sent”, reflète Zuramis Estrada.

Le médecin soutient que cette accumulation de perceptions peut déclencher l’apparition de sensations désagréables. «Certains autour du perte de jeunesse et même lorsqu'il s'agit de votre but dans la vie. En fin de compte, tout cela affecte l'identité”, ajoute-t-il. Le cercle vicieux est servi…

Les changements d'humeur les plus fréquents pendant la ménopause

Une fois que nous avons compris les mécanismes qui font que les femmes se sentent au moins différentes pendant la ménopause, il convient de se demander quels sont les états émotionnels les plus courants. Les experts en soulignent trois : colère, tristesse et anxiété. Ils se traduisent par différentes intensités. De l'envie de crier ou des difficultés de concentration aux réponses agressives, aux problèmes d'insomnie, à un rythme cardiaque rapide et aux crises de panique ou à la dépression.

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La chose la plus importante pour gérer ce carrousel émotionnel – et l'empêcher d'atteindre son intensité maximale – est commence par le comprendre. “Il est essentiel de comprendre que nous sommes confrontés à un changement évolutif qui nécessitera certains ajustements, ainsi qu'une vision globale et tolérante de nous-mêmes”, recommande Lourdes Ramón.

Il est également essentiel de se rappeler qu’il s’agit de quelque chose de temporaire. Elle peut durer entre un et cinq ans, selon le climatère (deux est habituel), mais le corps finira par retrouver son rythme.

Comment mieux gérer les montagnes russes émotionnelles

Étant donné que les sautes d’humeur sont l’un des symptômes les plus répandus de la ménopause, il est essentiel de disposer d’outils pour tenter d’en limiter les effets. Pratiquer de l’exercice et maintenir une bonne hygiène du sommeil seront d’une grande aide. Bien entendu, la nourriture est également essentielle. “Il y a lien entre ce que l'on mange et ce que l'on ressent« explique le Dr Estrada. Pour cette raison, à ce stade, nous nous intéressons aux aliments riches en calcium, en vitamine D, en probiotiques et prébiotiques et, surtout, riches en oméga 3, qui aident à protéger contre la mauvaise humeur et la fatigue. Les noix, les poissons gras, les graines de chia et les edamames sont de grands alliés.

Enfin, la psychologue Lourdes Ramón, de la Clínica Palasiet, vous invite à profiter de cette étape de changements d'humeur pour vous reconnecter à vous-même. Parmi ses conseils, se lever une demi-heure avant les autres; Notez dans votre agenda du temps personnel (pour faire du sport, sortir…) ou faire une promenade dans la nature, “le meilleur anxiolytique naturel”, selon vous. Des petits gestes qui, s’ils sont intégrés au quotidien, peuvent réellement faire la différence.

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