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Je déteste aller manger chez mes beaux-parents tous les dimanches.

Je déteste aller manger chez mes beaux-parents tous les dimanches.

Le dîner du dimanche chez la belle-famille peut devenir très difficile. Et non pas parce qu’ils ne sont pas de bonnes personnes, mais parce qu’ils doivent le faire.

Il existe peu de traditions familiales aussi innocentes que le dîner du dimanche chez la belle-famille. En théorie, c’est un projet agréable : une table pleine, une conversation tranquille, de la nourriture faite maison et une famille qui, dans de nombreux cas, s’efforce d’intégrer le partenaire du fils ou de la fille. Et pourtant, pour beaucoup de gens, ce planning hebdomadaire génère une irritation difficile à expliquer. L’expression « Je déteste manger chez ma belle-famille » est plus courante qu’on ne le pense.

Et dans un pays comme le nôtre où la famille est sacrée, c’est généralement le début d’une dispute.

Vous épousez une personne… et sa famille

Ce n’est pas forcément que la belle-famille soit désagréable. En fait, c’est souvent le contraire qui se produit, ils sont attentifs et font tout leur possible pour plaire. Pourtant, quelque chose à l’intérieur se rebelle quand dimanche arrive. Selon la psychologue Emma Trilles, auteur d’Antidote contre l’infidélité (Plataforma Ed.), les relations n’existent jamais en vase clos. Ils sont toujours insérés dans des systèmes familiaux complexes, où apparaissent des dynamiques invisibles.

«Lorsque nous commençons une relation, nous ne nous lions pas seulement avec une seule personne. Nous entrons aussi, dans une certaine mesure, dans leur système familial. Et cela active des dynamiques émotionnelles que l’on ne sait souvent pas identifier”, souligne-t-il.

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Lui, toi et ta belle-mère

L’un des concepts qui permet de comprendre ce phénomène est le triangle relationnel, étudié en psychologie systémique. Un triangle apparaît lorsque trois personnes deviennent émotionnellement connectées, de sorte que les tensions entre deux personnes soient canalisées vers la troisième. Dans les couples, l’un des triangles les plus courants est celui formé par le couple-mère-père.

«Lorsque la famille d’origine continue à occuper une place très centrale, il est facile d’apparaître un sentiment de compétition affective. Ce n’est pas forcément conscient, mais cela existe”, explique Trilles. Ce n’est pas une rivalité ouverte. Personne ne pense vraiment que le beau-père ou la belle-mère se disputent l’amour du couple. On ne pense pas non plus que sa belle-sœur va voler son mari et ceux qui ne supportent pas une proximité excessive.

Le cerveau émotionnel détecte quelque chose de similaire à une hiérarchie affective. et ilLa question implicite est généralement : quelle place ai-je dans cette famille ?

Juste mon jour de congé

La nourriture du dimanche peut également activer un autre type de conflit, celui du temps intime partagé. Le week-end est généralement perçu comme un espace de liberté. Le temps de se reposer, d’improviser ou de faire ses propres projets. Lorsque ce moment est fixement réservé à une réunion de famille, certaines personnes ont le sentiment de perdre leur capacité de décision.

“Il ne s’agit pas toujours d’agacer la belle-famille”, explique Trilles. “Parfois, ce qui dérange, c’est le sentiment d’obligation.” Le cerveau réagit différemment lorsque quelque chose est librement choisi et lorsqu’il est perçu comme une imposition. Même si l’obligation n’a jamais été explicitement exprimée.

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La pression invisible

Un autre élément qui peut générer un inconfort est le sentiment d’évaluation sociale. Les réunions de famille ont tendance à activer une sorte de radar psychologique et on peut se sentir remis en question. Par exemple, selon la façon dont je parle, ce que je dis, si je suis gentil, si la nourriture que j’apporte sera appréciée ou si je réponds aux attentes.

“Dans de nombreux couples, on a peur de ne pas s’intégrer complètement”, explique Trilles. “C’est une insécurité très humaine.” Cette surveillance interne consomme de l’énergie émotionnelle et peut au bout de quelques heures générer de la fatigue ou de l’irritation. Ce n’est nécessairement la faute de personne. C’est simplement la pression qui accompagne le fait d’être dans un environnement qui n’est pas le vôtre.

Rééquilibre entre couple et parents

Parfois, le malaise est également lié à une compétition dynamique et émotionnelle plus profonde avec la famille d’origine. Cela ne veut pas dire que quelqu’un veut enlever l’affection de quelqu’un. Mais le système familial peut inconsciemment résister aux changements. «Chaque couple crée un nouveau noyau. Et cela implique de réorganiser les liens », explique Trilles.

Lorsque ce réajustement n’est pas tout à fait clair, par exemple si la famille continue d’occuper la même place qu’avant dans la vie du fils ou de la fille, de subtiles tensions peuvent apparaître. “Il ne s’agit pas de choisir entre un partenaire ou une famille, mais de trouver un nouvel équilibre”, précise la psychologue.

Tu dois t’asseoir et en parler

La famille ne va pas disparaître, c’est pourquoi ces conflits doivent être mis sur la table et résolus. L’objectif sera d’éviter que la journée de dimanche ne devienne un champ de bataille. Et que le couple retrouve le bien-être des deux.

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La première étape consiste à reconnaître ce qui vous dérange vraiment. Est-ce la fréquence ? La durée de la visite ? Le sentiment d’obligation ? “Quand on met des mots sur le mal-être, il perd souvent en intensité”, explique Trilles. Il est également important que le couple agisse en équipe. «Le membre du couple qui appartient à cette famille a un rôle clé. “C’est lui qui peut faciliter l’intégration sans que personne ne se sente marginalisé.”

Changer la dynamique du dimanche

Dans certains cas, il suffit d’introduire de petits changements. Comme alterner les dimanches, raccourcir les visites ou réserver du temps pour vos propres projets. Car, au final, le but n’est pas d’éviter la famille. Il s’agit d’éviter que les relations familiales ne deviennent une source inutile de tensions. «Les familles politiques peuvent être un espace de soutien très précieux. Mais pour que cela se produise, il est important que chacun sache clairement quelle est sa place », conclut Trilles.